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Pourquoi passer du bambou au four à micro-ondes ?

Les scientifiques sont en perpétuelle recherche pour améliorer les propriétés des matériaux : béton, acier, bois, … Cette fois, leurs efforts se sont portés sur le bambou. Déjà reconnu comme un matériau écologique et durable, il a bien d’autres qualités étonnantes : croissance rapide (jusqu’à 1 m/jour), captation de CO2 (jusqu’à 12 tonnes/ha), léger et souple mais résistant, renouvelable (récolte tous les 3-5 ans), facile à produire et pas cher, ….

Quel intérêt de le passer au four à micro-ondes ?

Micro-ondes

Devant cette avalanche de qualités, que vouloir de plus ? Corriger ses défauts. En effet, le bambou est attaqué par les insectes et cassant. Le problème des insectes est facilement réglé par un traitement au borax pour une utilisation sur le long terme mais le passage au micro-ondes augmente, lui, ses performances mécaniques.

Le processus mis au point par les chercheurs de l'université du Maryland se déroule en deux phases :

  1. trempage dans de l'hydroxyde de sodium : il augmente la porosité en supprimant une partie de la lignine. Les liaisons hydrogène qui se forment dans les chaînes moléculaires cellulosiques accroissent la cohésion moléculaire ;
  2. séchage au four à micro-ondes (30 à 60 min) : la dessication resserre le matériau de presque 30%. La densité augmente. La structure se modifie. En s’écrasant, les cellules forment des strates qui emprisonnent les longues fibres de cellulose. La masse volumique passe d’une moyenne de 600 kg/m³ à 1000 kg/m³.

Bien qu’il reste considéré comme un matériau léger, ses résistances à la compression et à l’étirement sont augmentées avec un score six fois plus élevé que celui de l’acier pour l’étirement. Il devient aussi plus rigide. La question du bénéfice pourra être posée pour cette dernière propriété car c’est sa flexibilité qui le rend particulièrement adapté en cas de tempête ou de séisme.

Bambou

Chez nous, son usage reste anecdotique. Il s’emploie plutôt en finition ou en décoration comme revêtement de sol, mur, mobilier, vaisselle. Dans les régions où il pousse naturellement, il est utilisé depuis des millénaires et intégré au quotidien des communautés. Il y est couramment employé pour la réalisation d’échafaudage, de bâtiments et de ponts aux superbes structures. Quelques exemples.

Une courte vidéo en anglais (mais les images sont parlantes) qui montre son utilisation en échafaudage où il est préféré à l’acier plus lourd et plus rigide.

 

Quelques tweets dont les liens (sauf pour les deux derniers) vous permettront de découvrir des réalisations contemporaines :

  • le pavillon-voûte sur l'eau du Zuo Studio (Taiwan)
  • le pont traditionnel des architectes Andrea Fitrianto, Klaus Dengen et Sisca Pramudya (Solo – Indonésie)
  • l'élégant pavillon-restaurant de VTN Architects (Xiamen - Chine)
  • le gymnase de la Panyaden International School conçu par Chiangmai Life Construction (Taiwan)
  • et deux autres projets de VTN Architects

 

 

 

 

 

 

 

Clôturons cet article sur une dernière vidéo : une conférence TED (sous-titrée en français) d’Elora Hardy d’Ibuku, une équipe d’architectes, de designers et d’artisans, qui réinventent la construction avec le Bambou.

 

 

Sources :
- « Un bambou passé au micro-ondes super-résistant pour construire des gratte-ciels », Céline Deluzarche (Journaliste), 04/05/2020 (modifié le 05/05/2020), www.futura-sciences.com
- « Why Architectural Models Are Crucial in Making Bamboo Projects a Reality », Eduardo Souza, 2018, www.archdaily.com
- « Le bambou : un matériau biosourcé en devenir pour l’éco-construction », Christian, 01/03/2019, www.build-green.fr
Source de la photo utilisée à titre d’illustration : pixabay.com (CC0 Public Domain - Libre pour usage commercial - Pas d'attribution requise). Son utilisation n'engage en rien l'auteur sur un soutien ou un entérinement éventuel du contenu de l'article.

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