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Le réducteur de pression, qu’il faudrait plutôt appeler « régulateur de pression », est un dispositif mécanique qui a pour but de réguler la pression présente dans les canalisations et accessoires internes de distribution d’eau. Grâce à une membrane et des ressorts, la pression présente dans les conduites sera maintenue à une valeur préréglée dans les petits modèles, ou sur une valeur réglable dans la grande majorité des cas, ce qui permet de l’adapter selon les besoins et les envies de l’utilisateur.

Quelques explications

 

Pour un bon confort d’utilisation, bon équilibre entre le débit d’eau et la pression d’écoulement, il est recommandé une pression dynamique comprise environ entre 1 et 2 bars. La pression dynamique est la pression résultante dans l’installation et au point de puisage lorsque celui-ci est ouvert. C’est dans cet objectif que les accessoires préréglés sont tarés à 3 bars et que nous réglerons généralement une pression de 3 à 4 bars pour les systèmes réglables. Cette différence vient du fait qu’il s’agira d’une pression statique, donc sans mouvement dans l’installation.

Différents modèles sont disponibles sur le marché, du tout simple au plus complet. On trouve donc des dispositifs équipés de simple filtre et/ou intégrés à des filtres rétro-lavables.

reducteurs-de-pression-credit-photos-Euro-Index-srl-et-BWT-Belgium-SA

Grâce à cet accessoire, il n’y aura donc pas ou peu de bruit dans l’installation pendant l’utilisation, sifflement dû au frottement de l’eau sur les parois des tuyaux et évitera les coups de bélier. Les coups de bélier sont des cognements dans les tuyauteries liées à une fermeture trop brutale d’un point de puisage, survenant souvent lorsqu’une électrovanne est présente dans un appareil par exemple.

Le dispositif sera aussi économique pour son utilisateur, en limitant les usures et les dommages qui pourraient être engendrés par une pression trop importante dans l’installation et surtout dans ses accessoires, les vannes, la robinetterie et certainement pour les électroménagers comme le lave-vaisselle et la machine à laver. Le côté économique sera encore bien plus conséquent dans le cas d’une production d’eau chaude par accumulation, en effet cela doit obligatoirement être protégé par une soupape de sécurité qui évacuera de l’eau à l’égout en cas de montée en pression dans le boiler. Montée en pression qui sera provoqué par la dilatation de l’eau chauffée, les soupapes sont habituellement tarées à 7 bars, une quantité d’eau non négligeable sera donc mise à l’égout sans que l’on ne s’en rende compte. Sur une année ça peut représenter pas mal de mètre cube d’eau.

Idéalement le réducteur se placera immédiatement après le compteur et protégera ainsi tous les équipements et toute l’installation.

Rien n’empêche toutefois de placer en amont de celui-ci une dérivation équipée d’un robinet de puisage qui offrira à l’utilisateur selon ses besoins et/ou envies une pression plus élevée. Dans l’impossibilité de le placer au compteur, il pourra être placer ailleurs, mais ne protégera pas l’intégralité de l’installation.

 

Une expérience de chantier

Je pense à une anecdote vécue à l'époque sur chantier qui illustre bien l'utilité du système.

Occupé sur un chantier de construction d'un immeuble d'appartements comprenant une centaine de logements, la production d'eau chaude était comme souvent à l'époque centralisée.

Tous les tests d'étanchéité avaient été réalisés et satisfaisaient à toutes les exigences. Le moment de raccorder et de mettre en pression la production d'eau chaude est venue. Une soupape de sécurité de 2" 1/2 (75 mm de diamètre) est placée sur l'alimentation d'eau comme exigé par la réglementation. Tout est en ordre et étanche.

Le lundi suivant en arrivant sur chantier, je suis appelé par le conducteur qui me signale qu'il avait relevé au compteur d'eau une consommation de 150 m3 sur le week-end (cette quantité d'eau pourrait par exemple remplir une piscine de 15 m sur 5 m avec 2 m d'eau), je lui fais remarquer qu'il n'y a pas de tache ni de trace de cette eau dans le bâtiment et que selon moi, c'est de l'eau qui a été mise à l'égout par la soupape du boiler. La compagnie de distribution d'eau réfute la possibilité que ce soit dû à une augmentation de la pression dans le réseau.

La semaine suivante une consommation de 70 m3 fût encore constatée. En accord avec le conducteur de chantier, il a été décidé de placer un enregistreur de pression sur la distribution d'eau de l'immeuble. Le résultat a été très marquant car un pic de pression de 15 bars a été enregistré dans l'installation pendant les heures creuses de consommation d'eau. Le fait de mettre en place un réducteur de pression sur la production d'eau chaude a définitivement et radicalement résolu le problème. Quelle économie !

 

Un installateur qui préconise la mise en place du réducteur sur une installation n’assume-t-il pas sa mission de conseil ? Ne fait-il pas preuve de professionnalisme ? D’autant plus que l'impact du coût du dispositif sur le prix de l’installation est très négligeable au vu des avantages qu’il apporte.

Et vous, pour ou contre ?

 

 

Source des illustrations (leur utilisation n'engage en rien les auteurs sur un soutien ou un entérinement éventuel du contenu de l'article) :
- photo prétexte en introduction : montage - pixabay.com (CC0 Public Domain - Libre pour usage commercial - Pas d'attribution requise).
- photos des réducteurs de pression : Euro-Index srl et BWT Belgium SA avec leur aimable autorisation
Cet article n'est pas un publireportage. Il est né du souhait d'un e-veilleur de partager une information jugée intéressante et ce, sans engagement.