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envacgroupEn mai dernier, s'est tenue, à Charleroi, la journée internationale d'information sur les éco-quartiers. Elle était organisée à l'initiative du pôle de compétivité « Greenwin ».
Le niveau d'expertise des différents intervenants était élevé. Loin de moi, l'idée d'en faire un reporting précis, mais plutôt de dégager quelques pistes de réflexions, pour un développement de quartiers plus verts et plus durables...

Premier à la barre, Steven Beckers, Architecte et Consultant, a présenté la démarche « cradle to cradle » comme modèle économique, support de l'environnement.
Quels en sont les enjeux ?
-l'éco-efficience ou avoir une empreinte positive sur l'environnement (réduction de l'intensité énergétique des biens et des services, augmentation de la recyclabilité des matériaux, maximisation de l'usage durable des ressources renouvelables, extension de la viabilité des produits ,...)
-l'up-cyclable ou avoir un cycle de recyclage continu
-le material farming ou privilégier la purification de la matière pour la reformer et non mélanger du techno avec du bio pour créer, en finale, un déchet indissociable
-la conception d'éléments de construction, qui pourront être désassemblés et non démolis
-la qualité de l'énergie
-l'autonomie en eau des bâtiments
-la bonne gestion de l'environnement par une maintenance adéquate
-le développement de la bio-diversité en ville
-l''agriculture urbaine ou utiliser des espaces efficients, pour produire des fruits et légumes, dans des serres, aménagées en toiture, en réutilisant le CO2 produit dans des espaces de vie et de travail.
L'objectif est que la ville devienne  un refuge pour la biodiversité, et ses bâtiments des lieux de développement d'une économie courte, en parallèle de leur fonction première  (production et vente directe de produits naturels).
Les projets de référence est la matière sont PARK 2020 à Amsterdam et HAMMARBY SJOSTAD à Stockholm.
Un outil de travail est développé par le bureau d'étude  LATERAL THINKING FACTORY.

Vincent Becue, Doyen de la Faculté d'Architecture et d'Urbanisme de Mons, a, ensuite,  développé les critères d'analyse des éco-quartiers.
Les différents enjeux sont :
-privilégier l'urbain et la multifonctionnalité (mixité des fonctions)
-retrouver l'identité locale
-privilégier la compacité dans l'organisation spatiale du territoire
-privilégier la diversité ethnique (mixité sociale)
-privilégier les éco-quartiers
-ne pas analyser en « silo » mais en système global
-réaliser des prospectives (à +ou- 10 ans)
-privilégier le cycle eau/énergie/matériaux.
Les projets de référence est la matière sont le projet ATTESTOC à Aulnoy-lez-Valenciennes et le projet MASDAR en Arabie Saoudite.
Un outil de travail est l'outil d'évaluation de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie).

Prenant le relai, Erik Freudenthal, Head of Communications du GlashusEtt Environnemental Information Center de Stockholm, nous a piloté dans  le plus important éco-quartier existant « Hammarby Sjostad » en banlieue de Stockholm. (20000 habitants-11000 logements).
Ce quartier est le résultat d'une synergie entre intervenants publics et privés. La différence fondamentale, avec ce qui se fait en Belgique, est que l'état suédois n'a mis aucun subside à disposition pour l'infrastructure, mais s'est investi au niveau du transport urbain notamment.
Les enjeux y sont:
-réduire l'impact environnemental de 30 à 40%
-développer les transports en commun et la mise à disposition de voiture électrique (l'utilisation de la voiture a été réduite de 40%)
-privilégier le travail à domicile ou la mise à disposition de postes de travail individuels regroupés à proximité du domicile
-traiter les eaux usées
-incinérer les déchets pour la production de chauffage urbain
-permettre au quartier de disposer de sa propre centrale électrique
-utiliser le bio-gaz produits pour les bus urbains
-évacuer directement les déchets solides par canalisations souterraines vers la station d'incinération toute proche (suppression des camions-poubelles)
-créer un maximum de zones et structures vertes (développement de la bio-diversité)-créer un centre de sensibilisation et gestion environnementale.
L'objectif est de :
-limiter le transport-développer la convivialité
-avoir une approche holistique (souligner l'importance du global)
-avoir une planification intégrée (la symbiosité) du traitement de l'eau et de la production d'énergie
-éduquer les enfants à gérer les déchets.
Un outil de référence est disponible sur  « Symbiocity.org ».

Divers orateurs ont poursuivi la journée  par une visite virtuelle de différents éco-quartiers, construits en Belgique. L'approche est moins holistique qu'en suède, et porte plus sur les contraintes immobilières.
Les enjeux sont :
-créer des éco-quartiers pilotes et développer, en parallèle, un référentiel pour le développement d'un éco-quartier, qui servirait d'outil pragmatique à mettre à disposition des décideurs.
-former et informer les décideurs et investisseurs
-privilégier la préfabrication (recours au béton-bois).
Les références sont les projets LA FONTAINE ST JEAN à Engis, PIC AU VENT à Tournai, LES JARDINS DE BASEILLES à Erpent, LE SART TILMANT à Liège, et LES ANCIENNES FORGES DE CLABECQ à Tubize.

A noter qu'un référentiel de référence pour la construction d'un éco-quartier a été commandé par le Ministre Henry, pour la Région Wallonne, et devrait voir le jour en septembre 2013.
Des balises y seraient développées comme :
-la localisation et l'accessibilité
-la densité de population, les ressources nécessaires et la durabilité des matériaux
-la mitoyenneté
-les espaces verts, la récupération de l'eau, la gestion des déchets et la biodiversité
-les liaisons du quartier avec son environnement, l'aménagement, le stationnement, l'intégration architecturale, les espaces privatifs, les équipements collectifs
-la mixité des logements et des fonctions, la mixité sociale , l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et la participation des habitants.
Le quartier serait « écolabellisé » suivant le pourcentage de balises satisfaites (on parle de 80%).

Enfin, Luc Courard, Professeur à l'Université deLiège, Peter Luscuere, Director of VAN HEUGTEN Consulting, et Jochen Scheerer, Director of ASEPMA ont proposé une réflexion pointue sur, dans l'ordre,  les matériaux et systèmes constructifs,  les notions d'efficience et d'efficacité énergétique et une approche du management de l'eau.
L'accent a été mis sur :
-le recours à l'énergie grise
-l'importance du bilan CO et de l'analyse du cycle de vie des matériaux
-l'impact social de la production de matériaux (privilégier l'emploi local)
-le respect de la bio-diversité
-la conception de nutri-matériaux (qui se recyclent facilement)
-l'exploitation de la mine urbaine
-l'éco-efficacité (énergie entrante=énergie sortante)
-l'utilisation d'aquifère pour une rentibilisation de l'énergie naturelle (chaleur d'été stockée pour l'hiver et inversément)
-le traitement individuel des eaux usées pour une réutilisation en sanitaires, en irrigation et arrosage (cfr l'éco-district de Barcelone).

Comme vous avez pu le découvrir, une journée bien remplie, riche en enjeux et opportunités, pour nous aider à développer un comportement « éco-responsable », en matière d'urbanisation et de construction.

La balle est dans notre camp !

Source :
La journée internationale d'information sur les éco-quartiers « enjeux et opportunité pour la Wallonie »,
organisée par le pôle de compétitivité Greenwin, le 15 mai 2013, 
en l'espace meeting européen de Charleroi.